Dimanche 29 septembre à 16h30

Ateliers du Vent à Rennes : Dangereuses autrices ? Histoire de la masculinisation de la langue par Éliane Viennot, dans le cadre du Festival Dangereuses Lectrices.

59811654_833658640342742_6077020467732938752_n
Eliane Viennot

Personne ne trouve bizarres les mots actrice, auditrice, lectrice, spectatrice… En revanche, le mot autrice « arrache les oreilles », à entendre certaines personnes. Mais qui sait qu’amatrice, compositrice, traductrice étaient au 19e siècle tout aussi redoutés pour le mal aux oreilles?

En réalité, la différence entre les deux séries ne tient qu’à leur sens. La première désigne des fonctions conçues comme féminines: montrer son corps en déclamant le texte d’un auteur, l’écouter, le lire, le regarder mis en scène. La seconde désigne des fonctions longtemps (toujours?) conçues comme masculines: juger, écrire, composer, traduire. Pourtant, tous ces mots ont des siècles d’existence, comme tous ceux qui, appartenant à d’autres domaines d’excellence, ont été condamnés (avocate, médecine, officière, procureuse, professeuse, sénatrice, commandante, sergente…).

La conférence montrera que la masculinisation du français fut une réponse à l’avancée des femmes sur les terrains que les hommes estimaient leurs chasses-gardées, et qu’elle a touché bien d’autres domaines que le vocabulaire des activités.

Éliane Viennot a enseigné la littérature française dans les universités de Seattle (USA), Nantes, Corte, Saint-Étienne, et elle a été dix ans membre de l’Institut universitaire de France. Ses recherches portent sur les grandes autrices politiques de la Renaissance, sur l’histoire des relations de pouvoir entre les sexes en France, sur la Querelle des femmes et sur ses conséquences dans la langue française.